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         Le Pétek par Rav Itzhak Besançon

                    

 

Le Créateur tout puissant ne cesse par Rav Itzhak Besançon pas une seconde d'espérer qu'un lien vivant s'établisse entre Lui et ses enfants !

Ainsi, de son coté multipliera-t-Il les appels au point que toutes nos pensées paroles et actions servent d'écrans sur lesquels se révèlent les messages de l'Au-delà. A nous de les capter puis d'apprendre à les interpréter !

Dans la mesure où nous employons notre esprit à la compréhension de ces messages, suivant les règles de lecture, dans cette même mesure un sens sublime ou intuition spirituelle se développera en nous jusqu'au point où les messages nous apparaîtront de plus en plus clair. Réciproquement le refus ou la négligence à capter les appels engendrent un obscurcissement de nos écrans nommé oubli.

D'où cette impression d'isolement, de mutisme et d'incompréhension que ressentent ceux qui méconnaissent la voix de la Providence.

Au delà d'un certain degré de clarté la communication se transforme en véritable dialogue. Tel est le cas des prophéties dans lesquelles la réceptivité de l'initié peut atteindre la clarté parfaite, stade où la révélation se nommera Face à Face.

Mais entre ce degré suprême et la mesure commune se situe un nombre infini de possibilités dont l'intensité varie en fonction des besoins de la situation.

Ainsi suivant notre mérite, notre préparation et nos aspirations verrons-nous apparaître sous telle ou telle forme la phrase divine, le message du Ciel qui viennent éclairer les éléments présents.

En citant quelques aspects possibles et connus dans le registre des communications, nous évoquerons les plus communs : l'intuition subite, le pressentiment, le rêve, la vision, les appels sonores dont bruits et voix plus ou moins intelligible(ce qui comprends bien entendu tous les messages qui nous parviennent à travers les paroles d'autrui, qu'elles soient intentionnées ou non), les signes visuels frappants ou subtils, dont la rencontre subite d'un texte qui apporte une réponse ou un avertissement au récepteur (méthode qui peut se provoquer sous forme de consultation par ouverture d'un livre), enfin, la lettre nommée en hébreu Pétek.

Cette dernière représente sans nul doute l'un des degrés les plus clair d'appel céleste. Etant ainsi inscrite parmi les phénomènes de manifestation de la Providence, elle appartient à ce titre aux articles de foi.

Son aspect prodigieux ne troublera jamais le croyant : seul le sceptique dont la conscience est isolée des appels pourrait de ce fait émettre doutes et réserves. Interpellé par une manifestation de présence aussi frappante il pourra se sentir obligé de la rejeter quitte à élaborer pour y parvenir une thèse beaucoup plus étrange que l'événement lui-même : c'est le cas des causes mirobolantes que certains attribuèrent aux dix plaies d'Egypte pour en rejeter l'aspect miraculeux. C'est aussi le cas de ceux qui éprouvèrent de la peine à accepter l'origine surnaturelle du Pétek que reçut notre Saba; ils s'ingénièrent à imaginer un auteur banal, quitte à ignorer la teneur du message qui à elle seule témoigne de ses sources transcendantes.

 

Le message céleste apparaît en de très nombreuses circonstances et peut se manifester sous des formes différentes. Une liste des instances où ce phénomène est mentionné dans le Talmud, Midrash, Zohar et Commentateurs antérieurs et ultérieurs peut être obtenue en consultant les programmes informatiques où sont consignés les textes majeurs de notre Torah (cf. Bibliographie).

Quand aux formes différentes, en voici les principales :

1) la lettre est envoyée directement. Elle tombe pour ainsi dire devant le destinataire .Ex : Moshé à qui la formule sacrée du Pectoral est communiquée sous forme de Pétek et non par dictée vocale. Le Baal Shem Tov qui s'était endormi les poings fermés se réveilla ouvrit sa main et y découvrit un billet.

2) la lettre est découverte en un endroit vers lequel le destinataire a été guidé au moyen de circonstances ou par appel de conscience. Ex : Rav Pinh'as de Koretz, Rav Israël Ber Odesser.

3) Le destinataire prépare lui-même la réception de la lettre en plaçant un papier vide à un endroit précis. Il provoque ensuite lui-même l'écriture du Pétek en employant des formules bien précises consignées par Rabbi Itsh'ak Louria dans Likouté Hashass p 108. Ex : La réponse qui fut donnée au Rav de Strasbourg à propos de l'empoisonnement des puits, suite aux écarts graves qui s'étaient produits dans cette cité.

Tout comme la caméra nous fournit une petite idée de l'enregistrement qu'un œil artificiel peut faire de si loin et avec une telle précision, à plus forte raison l'œil divin qui capte des images terrestres. De même, le développement récent du fax, modem et autres téléscripteurs nous permet d'entrevoir et d'admettre que Celui qui donne la sagesse aux inventeurs possède cette même sagesse dans une mesure infiniment plus étendue et plus puissante.

Et donc si la télécommunication ne vous surprend plus, nulle raison d'être sceptique avec son origine la téléinformatique spirituelle dont le Pétek n'est qu'un aspect parmi d'autres!

Mais en fait, toutes les questions ou les doutes attenants à ce thème ne proviennent que de notre conception restreinte de la notion d'espace. Limités physiquement par la rigueur des dimensions matérielles, notre esprit risque souvent de sombrer dans l'étroitesse qui en découle! La notion même de Pétek, de part son essence surnaturelle, bouleverse les données physiques Temps/Espace. Aujourd'hui, ces données ont été grandement relativisées et les doutes qu'on put éprouver nos aïeux n'ont plus aucune raison d'être.

Ainsi, comme pour indiquer cela, la missive de Rabbi Na'hman fut découverte par Rav Israël entre deux pages de Likouté Halachot (I, p25, éd. Lemberg) qui traitent précisément de la notion d'Espace et d'Au-delà de l'Espace!

 

2. Mon Cher Elève

A de très nombreuses reprises, pour sa clarté émettrice, le Maître est comparé au Soleil. Tandis que l'Elève est comparé à la Lune pour sa qualité réceptrice et sa faculté de réfléchir, de retransmettre vers la phase obscure de notre Terre les rayons du Soleil.

Ainsi, de par l'abstraction qu'il aura su faire de ses propres pensées, l'Elève joue-t-il le rôle d'intermédiaire entre le Maître dont la lumière éblouit et les créatures nocturnes à la vue très affaiblie...

Quant aux étoiles, adjointes à la Lune par le Créateur, pour la consoler d'avoir été réduite, elles symbolisent les élèves de l'élève: nous.

Dans ce ballet cosmique aux périples fabuleux mais parfois dramatiques (éclipses, tâches etc.) image parfaite de la scène humaine, une apothéose espérée constitue l'objectif : la réparation de la lune. Lorsqu'elle sera restaurée, la notion de nuit noire, source de tout égarement sera définitivement abolie.

N'est-il pas alors surprenant de remarquer que la formule Na-Na'h-Na'hma-Na'hman de valeur numérique 354 corresponde au nombre de jours de l'année lunaire ! Ce qui manque pour atteindre 365, nombre de jours de l'année solaire, n'est plus que 11: le nombre de système stellaires évoqués par Yossef.

Il est certain que lorsque ces 11 étoiles sauront s'harmoniser, l'Elève sera alors " consolé ".

Il se remettra à briller tout comme à l'Origine, tandis que le Soleil multipliera par 70 fois sa splendeur.

A propos d'élève, il convient de rappeler les lignes éloquentes à travers lesquelles Rabbi Nathan nous donne le signe distinctif qui permettra d'identifier le véritable disciple:

"Il arrive parfois que l'individu soit très éloigné du Grand Financier (le Tsaddik Authentique qui alimente l'humanité) - au point qu'il ne puisse pas s'acquitter de sa dette envers lui, si ce n'est par l'intermédiaire d'un émissaire - Juste ou fidèle adepte du Grand Financier. Le particulier ne pourra donc s'attacher au Juste Authentique qu'au moyen des émissaires...En ce cas, voici la règle: s'il est exact que cet émissaire est habilité à percevoir le dû, comme par exemple si le Grand Financier l'avait dit explicitement, ou bien qu'il lui ait envoyé une lettre (!) - ce sont les leçons et découvertes formidables qu'il révéla et qui sont entre les mains de l'émissaire, dans ce cas [...]le débiteur qui aura remis sa dette à l'émissaire s'en sera parfaitement acquitté". L.H. Ossé Shalia'h V, 15.

 

3. Dire et Chanter = Aimer

" L'essentiel et la base dont tout dépend, consistent à s'attacher au Juste de la génération." (L. Moharan 123)

" Et l'essentiel de l'attachement, c'est l'amour. D'aimer le Tsaddik d'un amour parfait. " (Idem 135)

Quand Dieu nous a ordonné dans sa Loi : " C'est à Lui que tu t'attacheras. " (Deut. X, 20) Il n'a pas exigé que nous nous jetions au feu, pour reprendre l'expression de Rashi, c'est-à-dire que nous nous attachions directement aux rayons trop ardents de la Shéchina.

Il a plutôt voulu que nous nous rapprochions des Sages de la Torah, des Prophètes et des Maîtres, démarche nettement plus accessible et motivée par un sentiment naturel : l'amour.

L'attachement spirituel dépend principalement de ce sentiment. Or l'un des stimulants les plus forts qui éveille chez nous ce sentiment, c'est notre attirance vers la sagesse : spontanément notre cœur se dirige vers le Sage et tout ce qui le concerne. Nous n'avons pas à créer ce sentiment, il est inné. Mais il demande d'être protégé et cultivé. Protégé contre l'asphyxie de la mauvaise langue : une simple allusion médisante peut suffisamment discréditer le Sage à nos yeux au point de nous en écarter définitivement et de renoncer au bien qu'il aurait pu nous procurer. (Voir l'Histoire du Fils unique, Conte VIII).

Tout ce qu'il faudra faire, c'est éviter la querelle source de calomnies, puis multiplier les expériences communes : en associant notre labeur à la cause du Juste, on partagera également sa lumière.

C'est le sens du service envers le Sage qui, selon le Talmud, surpasse l'étude elle-même.

Tout ceux qui ont un peu approché son œuvre acceptent le fait que Rabbi Na'hman était l'un des plus grands Maîtres de tous les temps.

Tout le monde s'incline devant sa sagesse.

Tout le monde reconnaît sa pureté intégrale qui fait trembler les plus intègres.

Tout le monde connaît la compassion illimitée par laquelle il étend sa lumière jusqu'au cœur du pire des pires pour le ressusciter et lui redonner courage...

Nous apprenons de Rashi que Dieu répéta le nom Abraham "par amour". Ceci prouve que la répétition a une valeur sentimentale certaine. Dire et chanter Na-Na'h sur tous les airs de la semaine, du Shabbat et des Fêtes, évoquer le Nom de ce Juste qui a su se parfaire sur tous les domaines cités, c'est une façon certaine de créer un lien, ce qui déclenche en nous de très profondes émotions, témoin des mouvements plus secrets de notre âme et de sa métamorphose.

Car malgré la simplicité de la méthode, son efficacité est radicale. Or, sachant que la venue du Messie dépend de notre rapprochement vers les Justes, on comprend mieux l'ardeur de Saba à répandre une formule dont l'emploi favorise au mieux ce rapprochement et ceci à tous les niveaux sans exception!

3b Le Cœur Suprême

"Car il existe sur terre deux Justes qui conversent l'un avec l'autre tout en étant séparés par des centaines de lieues : tel Tsaddik pose une question de Torah, et le second Tsaddik, là bas en son endroit dit quelque chose qui est une réponse à la question du premier.

Et parfois celui-ci interroge et celui-ci aussi interroge, et la question de l'autre est une réponse à la question de l'un, de telle sorte qu'ils sont " conversés " l'un avec l'autre sans que nul être ne l'entende, si ce n'est le Saint Béni soit-il Lui même ". (Likouté Moharan I,142)

" Il m'a été très difficile " le mot difficile en hébreu Kashé, signifie également interrogation. Autrement dit: " je me suis fortement interrogé ".

Supposons que le premier Tsaddik soit ici Rabbi Na'hman en personne et que sa question soit la suivante : " Comment donc pourra s'accomplir ma prédiction selon laquelle " Mon petit feu brasillera jusqu'à l'arrivée du Messie " ?

Cette question sous-entendant : vu la dégradation des valeurs et la chute vertigineuse du moral de notre Peuple, comment feront les quelques survivants intègres pour demeurer vraiment fidèles ?...

Or, après avoir failli à son Service en mangeant un matin de jeûne, Rabbi Israël, le second Tsaddik selon notre texte, serait amené à se poser la même question, mais dans l'autre sens : " Comment donc s'accomplira la prédiction du Juste si son petit feu (l'Elève) se met à chanceler ?"

Le feu, qui symbolise la prudence, la retenue, la crainte du Ciel, doit demeurer intègre et actif : une faille dans la discipline menacerait sa survie...

Et voici comment la question du second répond à celle du premier : puisqu'il existe encore sur terre quelqu'un qui se consterne tant d'avoir affaibli l'ardeur de son feu en ayant faibli sur un principe de crainte. Puisqu'un cœur sincère s'afflige de n'avoir pas réussi à parfaitement s'endeuiller sur le Temple et que cela le chagrine tant - cela prouve en soi que mon feu flamboie bien!

Il vacille, brasille (en VO Tliyen signifie brasiller et non brûler qui se dirait Brenen), il chancelle certes mais son cœur demeure fidèle : ceci est en soi ma réponse et cela durera jusqu'à Messie !

La question et la réponse seront, continue notre texte cité, seront consignées dans le Cœur Suprême, un livre mystique où sont inscrits de fabuleuses découvertes, les vraies merveilles du monde, les exploits secrets, tout ce que les hommes ont pu faire, dire ou penser d'exceptionnel sans que nul ne le sache...

Et lorsqu'un homme ici bas cherche très fort la connaissance mais qu'il ne peut pas étudier, (parce qu'il n'a pas de livre, ou qu'il ne sait pas lire ou encore qu'il n'a ni Maître ni compagnon) cependant son cœur brûle et languit très fort le savoir, alors c'est à ce Livre céleste que ce chercheur s'alimentera. Il recevra de formidables intuitions, sorte de science infuse dont le tout premier détenteur fut Abraham. Après lui, tous les repentants, tous les prosélytes, tous ceux qui cherchent Dieu et n'ont pas toujours à qui s'adresser, tous ceux-là sont branchés Cœur Suprême, d'où leur étonnante intensité, leur forte inspiration!

Il est permis de penser que la lettre venue du Ciel s'apparente à ceci. D'elle découleraient ainsi des flots de sagesse, d'idées, d'appels, d'apports spirituels destinés à renforcer tous ceux qui cherchent encore la vérité mais qui n'ont pas trouvé de guide.

4. Les Braises

Il serait intéressant d'apporter ici une découverte issue du Séfer Yétsira commenté par Arié Kaplan. Arié explique le fragment suivant:

"Dix sphères de vacuité: leur fin est implantée dans leur début et leur début dans leur fin, comme une flamme est attachée à la braise...".

Le début de toute chose, c'est le vouloir originel qui génère l'existence de cette chose. Cela se nomme la cause.

La fin, c'est l'accomplissement, le but contenu dans l'idée première. Cela se nomme aussi l'effet.

Or la cause ne méritera vraiment son nom que lorsqu'elle produira l'effet.

Et ceci renversera les rôles: l'effet deviendra cause et la cause deviendra effet; "leur fin est implantée dans leur début et leur début dans leur fin", tout sera enfin unifié.

L'image fournie par Abraham: "une flamme attachée à la braise" (la braise est la cause de la flamme qui par retour cause à la braise de mériter son nom de cause!)

Cette image évoque l'idée de Rabbi Na'hman "Mon petit feu (un foyer de braises) brasillera..."

Ici, la cause, c'est le message par lequel le Maître visite son émule. C'est ce qui va provoquer la réaction espérée, l'effet souhaité.

Or le Maître n'atteint lui-même sa pleine dimension d'instructeur que lorsqu'il a produit son meilleur effet: la bonne réaction de l'élève.

Ainsi, par voie de retour le cher élève deviendra la cause du couronnement de son maître, selon le mystère de Kether-Malkouth (pour les initiés.)

5. Manne

"Et Lamech vécut cent quatre-vingt-deux ans, puis il engendra un fils. Il énonça son nom Noah en disant: "Celui-ci nous consolera de notre tâche et de la peine de nos mains à cause de la terre qu'a maudite l'Eternel!" (Gen. V, 28)

Le verset nous montre la relation qui existe entre le nom Noah et sa fonction de consolateur. Comment Lamech devina-t-il cela? L'enfant était né circoncis et une tradition ancestrale assurait qu'un tel évènement annoncerait le Salut; Lamech s'appliqua donc à donner à son fils un nom évocateur des faits.

Mais alors, relève Rashi à la suite du Midrash (ad loc.) "Ni le nom ne correspond à l'explication, ni l'explication au nom! Si tu désirais indiquer la consolation, tu devais employer Na'hman - littéralement: consolateur. Si tu tiens à employer Noah, alors limite-toi à annoncer que cet enfant va "rasséréner", ce qui est le sens précis de Noah!"

Pour comprendre ces nuances, visualisons l'orthographe des mots:

  Noa'h

  Na'hman

Nous remarquons qu'en fait, la différence entre les deux noms, se limite aux deux dernières lettres M.N

L'absence chez Noah de Man, la dernière syllabe, dément la prédiction du père: il manque M.N. à Noah pour s'appeler Na'hman et donc pour vraiment pouvoir consoler! Voici ce que sous-entend Rashi.

Nous comprendrons très clairement le sens de ce manque en rappelant un texte du Likouté Moharan I,56 - où il est indiqué un sens très profond aux initiales MaN Elles signifient, révèle Rabbi Na'hman, l'Immersion Jubilaire/Mikvé Noune, ou inclusion de l'être au sein de la Conscience suprême, nommée aussi la Cinquantième Porte, celle qui purifie de toutes les souillures, et libère de toutes les misères!

C'est la faculté de capter à quel point il n'existe rien d'autre que Dieu. Mais il est voilé de nos regards par l'apparence physique du monde... Or, paradoxalement plus le potentiel de Conscience est élevé, plus il est enfermé dans les plus bas degrés. Le Divin qui séjourne au sein des zones infâmes est presque inaccessible à cause des nombreux écrans qui le voilent mais en fait Il est infiniment plus haut en teneur que la conscience qui se révèle habituellement. D'après ce principe, plus le pécheur aurait sombré, plus son retour serait apprécié parceque fructueux et porteurs de lumières distinguées. Dans la mesure où ce pécheur fait éclore et jaillir des découvertes transcendantes qui ne sont autres qu'un épanchement de la 50ème Porte.

Or, Noah ignorait ce principe. Entouré de pervers de la pire espèce, il résista quand à lui-même et conserva toute son intégrité, ce grâce à quoi déjà, la survie de l'humanité fut assurée et qui justifia amplement son titre de Noah - celui qui rassérène.

Mais cela ne suffit pas pour sauver l'humanité du déluge ni pour exhorter les damnés au repentir!

Pour cela l'absolue conviction d'une présence divine transcendante au sein même du pire est indispensable. Pour sauver les grands pécheurs et consoler des grandes tragédies, il est indispensable d'allier MaN à Noah, ce qui est le cas du nom Na'hman, composé des syllabes puisque alliant les deux idées.

Du déluge préhistorique au déluge pré messianique, deux grands bergers et précurseurs ont donc présidé à la stratégie spirituelle du monde:

Noah en son temps qui sauva la civilisation mais ne parvint nullement à rapprocher les grands dévoyés -

Rabbi Na'hman en nos temps, qui révélera mieux que nul autre Sage l'immense réserve de miséricorde grâce à quoi le pire pourra se transformer en meilleur.

Tels sont la source et le fondement des grands mouvements de repentir contemporain (N'oublions pas que les idées circulent déjà depuis près de deux siècles. Elles ont fait leur chemin et continuent à éclairer le monde ou plutôt à le consoler. Au moyen de quelque phrases-clé simple mais très profond, Rabbi Na'hman a injecté dans les veines du Peuple une dose d'espoir et de réconfort que nulle catastrophe ne saura plus jamais atténuer.

Son annonce est faite et le tonnerre gronde: que ceux qui veulent survivre au déluge viennent vers l'Arche salutaire! Le mot de passe: Na-Na'h-Na'hma-Na'hman Mé Ouman!

"Celui-ci nous consolera de notre action et de la peine de nos mains !"

Celui-ci indique le Tsaddik, seul à pouvoir consoler l'être humain accablé par l'angoisse du gagne-pain qui est désignée comme peine de nos mains. L'allusion étudiée en début de note se trouve ainsi renforcée : les lettres MaN ajoutées au nom Noah signifient tout simplement la Manne, pain céleste qui symbolise la libération du joug matériel !

En effet, la terre maudite à cause des effusions perverses, ayant projeté son sort jusqu'au tréfonds de l'âme humaine, subissons-nous cette contrainte suivant le degré où nous nous trouvons assujettis aux données physiques de l'existence !

Seuls ceux qui s'en libèrent eux-mêmes deviendront aptes à secourir leurs frères affligés, à les consoler. Or tous nos Maîtres s'accordent pour désigner les temps modernes comme l'extrême de l'hérésie matérialiste - 50ème porte négative.

Jamais la pression socio-économique n'a autant accablé le monde ! D'où le stress de l'homme postmoderne dont la dépendance aux normes de production/consommation atteint le paroxysme, et dont seul un très grand Consolateur pourrait le libérer.

Cette libération s'opérera par la transmission de la conscience jubilaire qui transforme l'amère subsistance en manne céleste.

6. Les Noms

"Nul doute que les mystères fabuleux contenus dans son Saint Nom sont à ce point puissants et nombreux à l'infini, jusqu'au point où la moindre allusion que nous découvrirons en notre humble connaissance et qui glorifieront son Nom - tout ceci serait véridique !"

"Son Nom est associé à notre nom". Likouté Moharan II, 66 et 67 Après avoir affirmé ce principe, Rabbi Na'hman le développe et en tire plusieurs conclusions.

Dans son 'Hochma outévouna, Rabbi Abraham de Toulchine révèle un rapport des plus étroits entre le Nom divin rédigé sous forme quaternaire et le Nom de Rabbi Na'hman, rapport indiqué par une similitude numérique. Et voici ses propres paroles:

"La Sagesse/Bina, c'est le mystère du Trône de Gloire divine à propos duquel le Prophète déclare: "Une pierre de saphir en forme de Trône." C'est pourquoi la valeur numérique totale de ce verset s'élève à celle du Nom de Rabbi Na'hman écrit de deux façons différentes: Na'hman ben Feïga - et Na'hal Novéa Mékor 'Hochma. Car c'est à son propos qu'il fut dit: " Ce qui a été est ce qui sera." Et Mashia'h, c'est Moshé lui-même. Lui qui a réussi à saisir le Trône et à s'y unifier. Trône redoutable qui entonnera le Chant de délices de la captation divine sur les soixante-douze cordes: simple - double - triple - quadruple, qui équivaut au Tétragramme sous forme quaternaire: (10 - 10+5 - 10+5+6 - 10+5+6+5 = 72) afin de réjouir et d'honorer ceux qui parviendront à cela. C'est pourquoi le saint Nom Na'hman (148=N+H+M+N) équivaut à la valeur numérique du Tétragramme sous forme quaternaire..."

N.B. La somme des lettres divines agencées en simple - double - triple - quadruple comme ceci

10- 15 - 21 - 26 = 72

Ce total équivaut au mot Hessed (charité) dont la valeur numérique égale aussi 72, ce qui selon les lois de géométrie ésotérique, dénote un lien profond qu'il est souhaitable d'explorer.

En post-scriptum, Rabbi Abraham conseille au chercheur concerné d'approfondir ce thème et de rapprocher les quatre sources suivantes: Likouté Moharan II, 1 - idem II, 8 - Conte X, addendum - 'Hayé Moharan 340 addendum - car ces quatre références se recoupent et se complètent ainsi que le remarqueront les initiés.

Pour nous, il suffira de trouver ici une raison supplémentaire d'affirmer avec Rav Israël que le Chant Nouveau, c'est Rabbi Na'hman Lui-même!

"Dans le futur, les Justes seront appelés par le Nom divin." Baba Batra, 75b

"Lorsque le Juste arrive dans l'au-delà, après de nombreuses années et après avoir traversé quantité d'univers alors il se transforme en Nom." Rabbi Pinhas de Korets

Pour ceux qui désirent approfondir ce thème, plusieurs références de base ont été fournies: Taanith (Yéroushalmi 82) - Yéhoshoua VII-Rashi,Yalkouth ad loc. - Yérmiya XIV-Yalkouth Réoubéni p. 316 Vayéhi Hachem etc. - Likouté Halachoth/L.M. II,67 - Parparaoth La'hochma ad loc.

 

7. L'Imagination. "A partir de maintenant on ne l'appellera plus le Mauvais Penchant mais plutôt l'Imagination!"

"Le monde entier est fou, et moi aussi - mais j'ai connu un homme sain d'esprit!" Rabbi Nathan.

La folie, c'est le degré de distorsion, les lacunes et déformations de l'imaginaire qui prêtent aux sensations des effets aberrants, inexistants. Les deux principales tendances à déformer consistent:

a) supprimer des éléments présents, par le refus de les enregistrer. Exemple: si nous voyons un cube de bois noir, nous pouvons en imprimer l'image dans nos mémoires en soustrayant une des données; la couleur, la nature ou la forme et ne plus nous souvenir que d'un cube de bois...

b) ajouter des éléments fictifs ou à créer des associations arbitraires. Exemple: une leçon apprise en conditions favorables cause l'enregistrement des idées dans les cases positives de la mémoire.

Plus tard, lorsque les mêmes idées seront évoquées mais dans un nouveau contexte, elles bénéficieront par la force de l'association d'un préjugé très favorable.

Ce principe est largement exploité par les médias et l'industrie publicitaire dont il assure la fortune. L'art du présentateur est d'attirer la sympathie du spectateur en associant le produit proposé à des images mirobolantes! Ayant enregistré cette association, le prospect se trouve ainsi conditionné et presque poussé à l'achat. Son instinct de survie l'attirant vers l'intérêt, ce à quoi le nouveau produit a été artificiellement, voire lié.

 

8. Renouveau

"Voici la Loi de l'élévation..." car la diminution qui provient d'un défaut d'élévation et qui à son tour cause une peine: ceci est l'essence même de ce qui permettra à élever précisément cet homme et à lui faire goûter à l'extase." (Baal Shem Tov)

Le vin hongrois. Rabbi Na'hman compara son enseignement à du vin hongrois: "Celui qui a goûté du vin hongrois, ne pourra plus jamais être trompé!" ('Hayé Moharane) Tant les autres vins lui sembleront insipides comparés à ce nectar !

Un ami, producteur de vin, me révéla un jour le secret de fabrication du vin hongrois (région de Tokay). Après avoir choisi un excellent cépage et laissé les grappes mûrir longuement sur leurs pieds, on les récolte, les presse et les laisse fermenter comme tout vin classique.

Après un an de travail, puis de repos, le vin atteint sa limpidité, il serait déjà avantageusement consommable... mais alors, le fabriquant va verser ce vintage dans une cuve de vin nouveau, qui à cause de sa propre effervescence va relancer le bouillonnement de la première cuvée troublant ainsi sa limpidité et l'emportant à nouveau vers l'aventure de la fermentation. Jusqu'à ce que les deux récoltes s'unissent et se calment...

Alors, au retour de l'automne, on recommence cela et la cuvée déjà exceptionnellement délicieuse repart pour un nouveau labeur, à présent mêlée à un jus frais qui la trouble et la fait exploser...

Ainsi se fabrique ce vin qui après maints labeurs atteint sa perfection.

C'est dans cette sorte de remise en question répétée que réside son secret; c'est cette rupture d'harmonie, ces nombreux renouveaux après avoir pourtant atteint une certaine perfection, qui en font le plus élevé des bouquets au point que Rabénou lui compara son enseignement!

On remarque que la formule Na-Na'h suit exactement le même processus: une première lettre est dite ou écrite, puis, à la première, une nouvelle adjointe, puis encore une fois la première, la seconde et une troisième - jusqu'à ce qu'on arrive au résultat complet, à la réussite.

Ce même principe pourrait guider notre vie vers les vrais chemins du retour: la réparation, puis la réparation de la réparation (L.M. I, 6).

Qui désirera s'engager dans la noble carrière de la réparation (personnelle et universelle) devra rencontrer des milliers d'élévations puis de rechutes, de succès suivis de crises, de réussites brillantes suivies d'échecs cuisants! Qu'il sache et qu'il se rappelle alors que toutes ces phases sont nécessaires - autant les "hauts" durant lesquels on aura accumulé des forces (qui nous sauveront plus tard, en temps de "bas") - autant les rechutes elles-mêmes qui sont indispensables dans la mesure où seulement grâce à elles l'homme progresse; il apprend alors à extraire ses ressources cachées...il apprend à briser l'autosatisfaction qui guète tout vainqueur et le rendrait arrogant et suffisant. Grâce à ses rechutes, il brise son orgueil.

Aussi, lorsqu'on traversera un moment dur, critique, amer, qu'on se souvienne alors du fameux vin hongrois! Si les choses sont si dures aujourd'hui, ce n'est pas pour nous repousser, encore moins pour nous briser - c'est tout simplement qu'un vin nouveau vient d'être versé dans notre cuve pour nous régénérer et nous permettre de bonifier notre vin.

Il est possible de parvenir, grâce au courage en temps de crise, à transformer la chute en grande élévation jusqu'à ce que l'on parvienne grâce à cela à un renouveau splendide.

Lorsqu'un homme rencontre un échec, une épreuve, une grande difficulté, il peut alors lui arriver de tomber du niveau élevé où il se situait.

Mais lorsque son désir de se reprendre est très fort, l'Eternel lui montre la solution: comment se régénérer, comment recommencer à nouveau. Un conseil universel: prononcer le Nom de Rabbi Na'hman qui promit "Lorsque l'on me mentionnera, on se transformera en enfant qui vient de naître!"

 

9. Le Philosophe

Bien que seul ce dernier ait réussi l'exploit de revenir intact, les deux premiers ne sont pas condamnables. Ils demeurent Saints et même louables (ils ont perdu, mais après avoir tout risqué !) pour autant qu'ils aient manqué à un certain moment d'un certain réflexe. Seul le cas du troisième sera mis en cause et c'est à son sujet que le Talmud demande " l'Autre, qu'avait-il ? " Sous entendant: qu'advint-il à Elisha pour qu'il se dévoyât? Et de répondre illico : " Un chant grec ne quittait jamais sa bouche et lorsqu'il sortait de la maison d'Etude, plusieurs bouquins de philo tombaient de sa tunique ".

Plusieurs questions surgissent alors : à quel propos la Guémara s'interroge-t-elle réellement (ou en quoi nous concerne la cause d'un tel échec ?).

Qu'est ce qu'un chant grec et pourquoi ne quittait-il pas sa bouche ?

Pourquoi les bouquins tombaient-ils et pourquoi en sortant de la maison d'Etude ?...

Avant de révéler la clé de ce récit, ce qui nous ouvrira bien des portes, répondons à la première question.

Le fait est que, lorsqu'un fidèle bien ordinaire se met à quitter les rangs de son Peuple, s'il appartenait à un milieu pratiquant, il lui faudra faire tant d'efforts pour se déraciner qu'il n'arrivera guère en la durée d'une existence à rejeter tout son héritage (sauf circonstances exceptionnelles). Des remords vont l'assaillir, des barrières sociales, familiales voire économiques vont le retenir. En fin de compte, il quittera ce monde à demi dégradé et peut-être se reprendra-t-il même in extremis avant sa mort.

Son fils par contre, né dans un milieu où le compromis régnait, apprendra à son tour à contourner les règles, à falsifier. S'il a beaucoup d'audace et un peu de révolte, il sortira carrément des rangs conservant toutefois quelques repères: Kippour, circoncision etc. Le petit fils grandira donc dans un climat assimilé tout prêt à faire le grand pas... Il aura fallu trois générations pour qu'une famille se déracine et ceci pour des gens très moyens, sans statut ni bagage exceptionnels.

A présent une immense question se pose à propos de notre récit : s'il est si lent à l'homme moyen de rejeter sa foi et sa loi, comment un Maître de Mishna réussit-il le sinistre exploit de tout résilier en quelques mois ? Quel est donc son secret ? demande en fait la Guémara, sachant que si nous comprenons la réponse, nous apprendrons une leçon hors pair: la méthode ultra rapide d'une métamorphose; méthode qui pourra sûrement s'utiliser à rebours !

Et la Guémara nous le dit elle-même : " Un chant grec ne quittait jamais sa bouche. "

C'est ici que nous allons introduire la lumière de Rabbi Na'hman. Il répond implicitement à toutes ces questions au chapitre 64,5 - de son œuvre, et d'une manière éblouissante :

"Car saches que chaque discipline chaque sagesse sur terre possède un air, une mélodie particulière - cet air est spécifique à cette science - et c'est de cette mélodie que provient cette sagesse ! "

...Et de citer derechef l'anecdote que nous venons de lire comme un exemple qui illustre parfaitement sa thèse.

Ainsi, la mélodie, la musique est-elle suivant son espèce la source de la sagesse et si l'on veut accéder à telle ou telle science, autant se diriger d'emblée vers la source, autant chercher sa mélodie !

L'Autre, Elisha Ben Abouya, connaissait visiblement cette méthode. En tant que Tana, il avait eu accès aux mystères et savait parfaitement comment parvenir à une conquête spirituelle fut-elle négative : en chantant le refrain des philosophes, ce serait le plus court moyen pour atteindre l'essence même de la pensée hellénique - mais à condition de se montrer assidu " que le chant ne quitte plus sa bouche " (condition bien évidente pour qui a approché quelque peu les disciplines spirituelles).

Avant de renverser la situation pour la traduire en positif répondons aux deux dernières questions :

Les livres grecs tombaient parce qu'ayant atteint la racine même de la philosophie, il était passé maître et n'avait plus besoin d'aucun bouquin.

" En sortant de la maison d'Etudes", car le serpent est tapi à la porte : si Elisha était resté parmi ses collègues, tôt ou tard il aurait malgré tout réussi à se reprendre mais puisqu'il est sorti, qu'il a quitté les lieux, il est piteusement tombé...

Et maintenant dégageons la morale, la clé promise en début d'étude.

Si la musique a le pouvoir de transformer un Maître en hérétique et cela si rapidement, elle peut (d'autant plus vite) transformer un égaré en parfait repentant, voire en Maître.

Ainsi, suivant le résultat recherché, il faudra détecter la mélodie correspondante, celle qui est la racine de ce résultat, celle grâce à laquelle on y parviendra le plus vite.

Nous qui sommes issus d'une génération qui sombre vers la décadence, nous n'en sommes plus au choix délicat des nuances et des subtilités : il nous faut de grands soins d'urgence, des traitements de choc, de la réanimation au sens littéral du terme !

Pour qui sentira qu'une greffe de cœur s'impose, qu'il lui faut devenir un Autre (mais à présent, dans le bon sens) et bien vite... que celui-ci sache que la juste musique opérera sur lui la meilleure des chirurgies !

 

10. La Mélodie du Juste

Rabbi Na'hman désirait très fort que l'on " fréquente " ses leçons, c'est-à-dire que l'on choisisse un chapitre de son œuvre et que l'on progresse avec durant une période donnée (d'un mois à plusieurs années) - étudiant, approfondissant, réfléchissant, appliquant, commentant ce texte et l'intégrant à l'existence quotidienne.

La foison de références, l'abondance des commentaires et bien sûr la richesse insondable du texte lui-même, font de cette pratique un véritable chantier aux productions très riches et aux surprises magnifiques.

Ceux qui s'adonnent à ce genre de recherche persévèrent en général jusqu'à décrocher l'idée -maîtresse, la découverte unique qui devient le tremplin d'un pas en avant spirituel d'envergure exceptionnelle.

Si cette expérience vous attire, pourquoi ne pas choisir la leçon # 8 du second volume du Likouté Moharan - Etant la dernière que Rabbi Na'hman enseigna, il y condensa toute son œuvre, à la manière d'un testament. De plus, cette leçon traitant du thème "Chant Nouveau" sa connaissance s'avère indispensable à la compréhension profonde du Pétek, tant rapports, allusions et mystères y abondent.

Le fait de mentionner le nom du Juste constitue la meilleure clé d'entrée dans l'étude de son œuvre. La lucidité que l'on attirera à soi grâce à cela éclairera les passages obscurs, fera jaillir la phrase, le mot, la lettre dans lesquels séjournait l'idée. Rien n'est plus probant à ce titre que les mots de Rabbi Nathan:

"Par le mérite de la récitation de leurs Noms, s'ouvrira pour nous la clarté de conscience pour étudier, enseigner et accomplir toutes les paroles de leur Torah." (Postface de Shémoth Hatsaddikim)

 

11. Se Trouver

Nous avons établi plus haut que chaque être arrivait ici bas pour y accomplir une tâche que nul autre à sa place ne saurait réussir.

Surtout pas quelqu'un de plus fort, car notre résistance face au mal, selon le degré où nous nous y trouvons impliqués est bien le seul moyen de le dominer et de tout réparer.

Voici comment: la puissance spirituelle qui anime l'être, articule ses trois fonctions principales: instincts, émotions, pensée.

Ces trois domaines localisés principalement dans le foie, le cœur et le crâne proviennent de trois personnes différentes qui ont vécu trois vies antérieures dans trois autres corps distincts et maintenant se retrouvent attablés à la même auberge : nous.

D'où l'immense difficulté de se trouver, de se comprendre, de se connaître et de se diriger. Il faudrait pour réussir ces exploits : identifier les trois compères, déterminer les tâches respectives, puis la tâche commune, puis enfin harmoniser les éléments contraires, apaiser les conflits intérieurs qui sont de véritables guerres entre les trois partenaires. Moyennant quoi notre énergie serait économisée et le moindre effort porterait de beaux fruits.

Au lieu de cela, nous ruinons nos nerfs en tensions stériles, nous gaspillons notre jeunesse en tâtonnements décevants et pour finir nous arrivons à l'âge mûr, bien fatigués, ayant tout au mieux construit un édifice approximatif.

Et si nous jouissons de privilèges terrestres, il demeure néanmoins que richesse, force et sagesse ne sont de vraies réussites que si elles réparent, sinon ce sont des pièges.

Mais la Tradition ne nommera réussite que la réalisation du but spécifique de la personne. Il est donc nécessaire d'être initié à la nature de ce but, c'est-à-dire d'être informé sur sa mission sur terre.

Si les grands initiés de naguère excellaient dans l'art d'identifier la vie antérieure de chaque personne, cette science n'est plus guère répandue, ses experts sont quasiment introuvables. Où trouver aujourd'hui de telles indications? Qui peut nous dire : " Tel est ton but, telle est ta mission! "

Quelle chance nous reste-t-il d'harmoniser nos composants pour une traversée salutaire, si nous ignorons dans quelle direction se trouve la réussite ?

A ceci, nous répondons:

Chantez Na-Na‘h ! Chantez le Nom du Juste et vous verrez sa Lumière. Elle vous éclairera et amènera la paix dans votre âme. Plus que cela, elle vous montrera la route qui mène à votre but, ce qui est le plus beau des cadeaux sur terre !

Grâce à Na-Na'h, vous serez inspiré, et vous trouverez votre voie. Sachant que Dieu vous a certainement équipé pour remplir votre tâche car Il ne lèse jamais les hommes, vous trouverez ce fil secret qui mène à la réussite.

A ce sujet, relisons ensemble les lignes enflammées qu'écrivit Rabbi Nathan de Tibériade:

" ...Il vous faut aussi beaucoup prier l'Eternel car l'amitié entre nous n'est pas une chose vaine. Car nous pouvons nous réunir parler de Rabénou et de son élève. Et de mentionner leurs Noms, c'est une réparation pour les trois degrés de l'âme car ils sont éternels d'éternité ! " Netiv Tsaddik p. 243

Nous venons d'avoir la preuve, sous la plume d'un sage digne de foi, que la mention du Nom garantissait la réussite. Si la partie encore sceptique de notre conscience grinçait à ces mots: " c'est trop facile... "

Répliquons-lui : "Qui nous demande des exploits sportifs? " Les plus belles choses sont certes les plus simples, les plus utiles sont presque gratuites et très accessibles : du pain, de l'eau, de l'air... Dieu n'est pas un tyran. Pourquoi nous aurait-il placés dans un monde impossible ?

Mais c'est nous qui par orgueil, compliquons toutes les choses. Pensez-y bien et vous en conviendrez.

Ceci dit, l'expérience prouve que plus la méthode est aisée, plus les forces du mal, la résistance, s'acharnent à nous les ravir par tous les moyens, à tout détruire.

Aussi, un bon conseil : si nous avons trouvé Na-Na'h gardons-le bien fort contre notre cœur car le vent de la folie s'acharne à nous l'arracher...

12. Les Dix Mélodies

Le Livre des Psaumes, recueil du Roi David, représente le summum de la poésie sacrée. L'élan s'y trouve tellement sublimé que la Voix divine s'unit à celle de l'homme pour n'en faire qu'une seule.

Les dix timbres mélodieux qui composent ce recueil expriment la résonance que les dix paroles créatrices ont fait vibrer dans l'âme pure du Chantre.

D'où leur immense pouvoir réparateur. En récitant ces vers, on émet à son tour les dix sons créateurs, ce qui déclenche une réverbération bienfaisante dans les dix centres de Souffle que comporte notre organisme : et la guérison s'opère !

Cela peut aller suivant le degré de ferveur, du simple soulagement à la reconstitution des cellules brisées aboutissant à une régénération totale.

Le chapitre 49 du Likouté Moharan évoque le rapport entre les quatre temps du Chant Nouveau et les dix Mélodies composant le Livre des Psaumes. Ce rapport se retrouve sous forme de symbole dans la lettre Hé qui est formée de deux parties:

ה

י Yod = valeur dix ד Daleth valeur quatre

= 10 mélodies = 4 temps

Or, le chant Na-Na'h reprend cette même structure, puisqu'il est formé de quatre phases et de dix lettres.

Il existe sans nul doute un rapport fondamental entre le Tikoune Haklali (dix mélodies) et la formule Na-Na'h (ses quatre temps et ses dix lettres); rapport clairement indiqué par le passage précédemment évoqué et quand les temps viendront, ces secrets se révéleront.

Voici comment Rabbi Nathan annonça l'avènement du Chant Messianique:

"Malgré tout cela, je me renforce même maintenant en dépit de tous les malheurs (persécutions, épidémies et vols d'enfants qui sévissaient à cette époque précise) grâce à l'immense bonté que l'Unique m'a prodiguée en me faisant connaître une telle Lumière (Rabbi Na'hman) qui connaissait une telle Mélodie (Le Chant Nouveau) ! Dans le futur, tout se retrouvera dans cette Mélodie, tout ce qui arriva à chacun ..." Alime Litroufa 34

 

Et voici comment Saba annonça l'avènement du Chant Messianique:

"A Z. Shazar qui a affiné ses oreilles et son cœur afin d'entendre les merveilles redoutables du chant et de la mélodie suprême et sommet de tous les chants du Juste authentique, chant grâce auquel il extrait de nos coeurs toutes sortes de flèches empoisonnées qui sont les erreurs et les pièges de l'hérésie et des croyances mensongères, puis il nous en guérit parfaitement...Le Roi Messie chantera cette mélodie et par cela, il rapprochera le monde entier vers l'Eternel béni soit-Il, et la terre s'emplira de connaissance de Dieu. Que ta lumière perce comme le matin et que ton salut éclose très vite." Ibé Hanachal I, 46

Le Sceau

Tableau

Nous avons expliqué que la signature du Pétek validait toutes les valeurs présentes dans cette même lettre (directement ou indirectement), et ceci en donnant l'image d'un chèque que seule la signature crédite. Toutes ces valeurs forment un véhicule, un corps dont l'âme est le Tsaddik lui-même, c'est-à-dire son Nom. Ainsi, Na-Na'h réanime, régénère, revitalise toute la 'Hassidisme Breslev. Et réciproquement, le relief que prendra cette formule dans notre vie dépendra de notre degré d'action et d'engagement dans les voies et les méthodes du Tsaddik.

Nous allons à présent énumérer les idées principales de la lettre que le Lecteur averti ne manquera pas d'identifier aux fondements de la pensée Breslev.

2) Espoir "et à ton propos j'ai prédis..." garantie de représenter le relais qui transmettra à son tour la lumière, apporte une assurance digne de soutenir le moral et d'engendrer la joie, valeurs-clé dans l'enseignement Breslev.

3) Renouveau "courage et renfort dans ton oeuvre!" Se renforcer, c'est savoir se renouveler. Et c'est dans la mesure précise où l'on se renforce que l'on ressuscite.

4) Mission "plein et comble d'une ligne à l'autre" la mission première des Elèves de Rabbi Na'hman, c'est de faire à leur tour d'autres élèves, de répandre la conscience du Tsaddik.

5) Kibboutz, PZPZYH la réunion de ces élèves dans l'entente et l'action commune permettra au Tsaddik de résider parmi nous. A certaines occasions, cette réunion prendra un caractère obligatoire.

6) Conscience, Tu le comprendras ce sera le fruit mérité après tous ces efforts, lorsque l'émule parviendra à comprendre tous les messages que son Maître lui aura adressés

1) Attachement au Tsaddik "il m'a été très difficile de descendre vers toi", ce qui exprime avec force et évidence cette notion de lien entre le Maître et l'Elève.

Florilege

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Florilège Le Secret 4
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